Exploration endoscopique du côlon par vidéo-capsule

DÉFINITION 

C’est une sorte d’appareil photo numérique capable de prendre de 4 à 35 images par seconde et de les envoyer par ondes radio vers des capteurs cutanés reliés à un boîtier-enregistreur. La petite taille de la CE (26 x 11 millimètres) permet de l’avaler sans difficulté.

Elle va progresser au travers de tout l’appareil digestif (de l’œsophage au rectum), sous l’effet des contractions normales de l’intestin. Un logiciel a été développé pour que la capsule adapte la vitesse de prise des images en fonction de la localisation de la capsule et de sa rapidité de progression dans le tube digestif. L’ensemble des images réceptionnées forme un film qui sera lu ultérieurement par un médecin.

RISQUES LIÉS À L’EXAMEN

Il est physiologique, sans douleur. Très rarement la vidéo-capsule peut se bloquer lorsqu’il existe un rétrécissement de l’intestin grêle : patients qui ont une atteinte sténosante inflammatoire de l’intestin (maladie de Crohn) ou qui ont eu auparavant des rayons sur l’intestin grêle (radiothérapie).

Il est possible de rechercher la présence de sténose par l’ingestion préalable d’une capsule Patency, biodégradable. Un examen radiologique simple permet alors de localiser la capsule si elle est stoppée dans sa progression.

LES BONNES INDICATIONS DE CET EXAMEN

Les contre-indications :

  • En cas de grossesse, bien qu’en théorie il n’y ait pas de risque particulier pour l’enfant, et chez les personnes ayant un rétrécissement connu de l’intestin grêle.
  • En cas d’examen par IRM programmé, mais l’endoscopie par capsule peut alors aisément être programmée un autre jour.

Il s’agit d’un examen non remboursé, à la charge du patient.

Les indications :

Ce sont celles d’une coloscopie (recherche de lésions du côlon : polypes, tumeurs). Mais la vidéo-capsule colique n’est pas un examen de première ligne, c’est une alternative réservée à des situations particulières :

  1. Une exploration du côlon par vidéo-capsule pourra être proposée en cas de contre-indication relative ou temporaire à une coloscopie conventionnelle (contre-indication à l’anesthésie en particulier). Une indication sera parfois un test Hémoccult positif et une contre-indication à la coloscopie conventionnelle.
  2. Echec d’une coloscopie initiale : coloscopie incomplète en particulier.
  3. En cas de refus (très argumenté) de la coloscopie conventionnelle pour convenance personnelle. Mais la découverte de lésion fera rediscuter l’utilité, voire la nécessité, d’une coloscopie.

DÉROULEMENT DE L’EXAMEN

Avant de réaliser un examen du côlon par vidéo-capsule, il faut faire un régime sans résidus de quelques jours (pas de fruits ni de légumes). La veille de l’examen il faut réaliser une purge ressemblant à celle pratiquée avant une coloscopie. Un complément de préparation est réalisé dans le courant de la journée de l’examen afin d’activer la progression de la vidéo-capsule.

L’examen est pratiqué en ambulatoire. Le jour de l’examen, les électrodes seront installées sur le ventre. L’appareil d’enregistrement est porté en bandoulière. Lorsque tout est installé, il est temps d’avaler la vidéo-capsule avec un peu d’eau. L’ingestion est facile. La vidéo-capsule va ensuite progresser toute seule (il est recommandé de marcher un peu dans les heures qui suivent l’ingestion pour faciliter le passage de l’estomac).

Des « boosters » (produits activant la vitesse de progression) seront éventuellement administrés suivant la prescription du médecin surveillant l’examen. L’examen du côlon est complet lorsque la capsule est évacuée par les voies naturelles ou quand le boîtier enregistreur prévient le patient. Alors le dispositif d’enregistrement peut être enlevé. Bien entendu il n’est pas nécessaire de récupérer la vidéo-capsule puisque les images sont envoyées à l’extérieur au fur et à mesure qu’elles sont prises. Il s’agit d’un dispositif médical à usage unique.

Information locale

Au Centre Erdre Saint Augustin, la participation à un observatoire national, l’ONECC, permet d’avoir accès à cet examen à un coût réduit.

Docteur Franck BOIFFIN
Le 15 octobre 2012

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