La pHmétrie oesophagienne

Il s’agit d’enregistrer dans l’oesophage les variations de pH, c’est à dire d’acidité ; le pH intra-oesophagien est normalement compris entre 5 et 7, celui dans l’estomac est acide ; toute variation de pH intra-oesophagien est interprétée comme une remontée de liquide acide gastrique dans l’oesophage.

Principes

On place dans l’oesophage une sonde sensible au pH qui va enregistrer classiquement pendant 24 heures, dans les conditions de vie habituelles du patient, l’existence ou non de périodes de reflux acide intra-oesophagien (chute du pH au dessous de 4), va en préciser l’importance (durée, degré d’acidité), le caractère diurne ou nocturne, et un éventuel lien avec des symptômes que le patient va signaler pendant les 24 heures d’enregistrement.

Matériel

Une sonde de détection (antimoine, usage unique) est reliée à un boitier d’enregistrement porté par le patient en ceinture ou en bandoulière -les techniques sans fil de connection sont d’utilisation plus rares et difficiles-. Le boitier d’enregistrement est connecté en fin d’enregistrement à un ordinateur, pour stockage et analyse des données selon des paramètres prédéfinis et notamment des normes usuelles.

Réalisation de l’examen

Le patient est convoqué à jeûn le matin, ou après un petit déjeuner léger. La sonde d’enregistrement est glissée par une narine, après ou non anesthésie nasale à la Xylocaine, et est poussée doucement dans l’oesophage jusqu’à l’estomac, en suivant les déglutitions du patient. De façon conventionnelle, la sonde est positionnée 5 cm au dessus du la jonction entre oesophage et estomac («virage« de pH, repère manométrique …). Elle est fixée solidement à l’aile du nez (sparadrap). Le patient quitte le cabinet pour 24 heures, avec les consignes de vivre et manger « comme d’habitude », tout en notant les différentes phases de repas, la durée du sommeil, et les symptômes qui surviendront. L’activité professionnelle n’est pas contre-indiquée, sous réserve de la gêne esthétique et relationnelle…..

Indications

  • Pour affirmer un reflux gastro-oesophagien pathologique (RGO) devant des symptômes atypiques ou extra-digestifs (toux, douleurs thoraciques, signes ORL…)
  • Avant une chirurgie anti-reflux chez un patient ne présentant pas d’oesophagite à l’endoscopie
  • En cas d’échec d’un traitement antisécrétoire bien conduit, pour adapter ce traitement ou confirmer ou non un lien entre les symptômes présentés par le patient et ses reflux acides

Dr Sylvie LARTIGUE Le 8 mars 2013

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